WorldSkills : le Pavillon France, où les tables deviennent l’écran
Six jours de compétition mondiale à Eurexpo, un pavillon national à faire vivre du matin au soir, et une réponse qui ne passe par aucun écran mural.
En septembre 2024, la compétition mondiale des métiers s’installe à Eurexpo Lyon. Au milieu du salon, le Pavillon France doit accueillir les délégations, les partenaires et les officiels — et tenir six jours durant, du 10 au 15 septembre.
Un pavillon national n’est pas un stand. Il reçoit à table, il fait patienter, il impressionne sans crier. Le problème posé à la scénographie était celui du temps long : comment un même espace reste-t-il intéressant pour quelqu’un qui y passe vingt minutes, et pour quelqu’un qui y déjeune ?
Les tables deviennent l’écran
La réponse a été de projeter sur les tables elles-mêmes. Dix tables rondes ont été équipées une à une, chacune avec son vidéoprojecteur accroché deux mètres au-dessus, en douche. La nappe devient l’écran.
Le contenu arrive à un moment précis du repas, et il raconte les métiers : un atelier vu du dessus avec ses postes de travail et ses circulations balisées, puis la tour Eiffel en chantier, grues et compagnons à l’ouvrage — à l’échelle d’une table de huit.
Le procédé a une qualité que n’a pas un écran mural : il n’y a rien à regarder ailleurs. Les convives sont déjà tournés vers la table, et l’image arrive là où leurs yeux sont — ce qui règle la question du temps long sans demander à personne de se déplacer.
La lumière et la projection, sur la même passerelle
Toute la technique est suspendue à un même grill élingué de 24 mètres sur 12,5 : les vidéoprojecteurs, les lyres, les enceintes et, sur chacune des traverses, un ruban LED. Ce n’est pas un détail de montage — c’est ce qui permet de faire varier ensemble l’image projetée et l’éclairage de la salle, au lieu de les laisser se contrarier.
L’effet lumineux est synchronisé avec l’ambiance générale, en vert et bleu. Un mapping de table se joue à faible contraste : trop de lumière ambiante et l’image disparaît, trop peu et la salle devient une cave où personne ne voit son assiette. Le calage se fait donc tableau par tableau, entre ce que projette la machine et ce qu’éclaire le grill.
La couleur de la salle vient d’ailleurs des plantes. Des végétaux bioluminescents — dix centres de table et quarante mètres de suspensions sur tout le pourtour — sont éclairés en lumière noire. Ils tiennent la pièce quand les tables s’éteignent entre deux séquences, et ce sont eux qu’on voit de loin, depuis le hall.

Un espace immersif, pas une projection
Les tables ne sont qu’une partie du travail. L’espace a été traité comme un tout : un mur LED et un grand écran de projection au fond de la mezzanine, une bande son diffusée en 360° par des enceintes réparties sur le grill, la scénographie lumineuse — et le calage de l’ensemble sur le déroulé de la journée : l’accueil avant le déjeuner, le déjeuner, les temps officiels.
La mezzanine reçoit 80 couverts. C’est cette échelle qui a fixé le reste : le nombre de tables à équiper, la puissance de projection au-dessus de chacune, et la longueur de grill à élinguer.


